KOULE NJANGA THEODORE,

Le Premier Grand Maître de l’Obédience

Les deux premiers Camerounais reçus à La Respectable Loge «  La Lumière du Cameroun, sont : les Très Illustres Frères Henri Ned Collins, premier initié et Théodore Koule Njanga, deuxième initié et premier Grand Maitre des Grand Orient et Loge Unis du Cameroun (GOLUC).
Sa vie

Théodore KOULE NJANGA est né le 10 Septembre 1927 à Bwelelo/Dibombari. Il fait ses études primaires à Douala puis entre, en 1944, à l’école primaire supérieure de Yaoundé d’où il sort en 1945 (n’ayant fait que la 1ère et la 3ème année). Son diplôme de sortie porte la mention BIEN.

 De 1946 à 1947 il poursuit ses études à l’école normale de Dakar. A la fin de la 2ème année en1947, il est envoyé en France et entre au lycée de Dignes (Basses ALPLES), en classe de seconde.

 Il obtient obtention de son baccalauréat à Paris et s’inscrit à la faculté de droit et sciences économiques de l’université de Paris en 1949-1950. Il obtint à cette célèbre faculté située Place du Panthéon, son diplôme de licence en Droit.

 Il poursuit ses études avec la préparation du certificat d’aptitude à la profession d’avocat auprès du barreau  de Paris, auquel il fut d’ailleurs admis très brillamment. En Novembre 1953, il est reçu à l’examen du CAPA (Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat) et est inscrit à la Cour d’Appel de Paris, en Janvier 1954, comme Avocat Stagiaire. Il s’intéresse également aux questions économiques et prépare le concours de recrutement à la Caisse Centrale de la France d’Outre-Mer.

Pendant cette même période, Théodore Koule Njanga est inscrit au Doctorat de Droit et obtient successivement : 

–          En 1953/1954 : le diplôme d’Etudes Supérieures (DES) de Droit Privé.

–          En 1954/1955, le diplôme d’Etudes Supérieures (DES) de Droit Public. 

En Mai 1955, il est reçu au concours d’entrée à la Caisse Centrale de la France d’Outre-mer où il reste en stage jusqu’en Avril 1956.

 En Avril 1956, il donne sa démission du Barreau de Paris, avant de rentrer à la Caisse Centrale de la France d’Outre-mer.

Une Riche Carrière au Service de l’Afrique et Cameroun

Il est alors affecté par la Caisse Centrale en Côte d’Ivoire, à Abidjan, pendant six mois (de Juin à Décembre 1956) en qualité de Chargé de Mission de la Caisse Centrale. Il sert successivement à la Caisse Centrale, à l’Office des Changes et enfin au Crédit de la Côte d’Ivoire. 

En Décembre 1956, Il est muté au Cameroun comme cadre à la Caisse centrale de la  France d’outre-mer et assume jusqu’en Décembre 1959 les fonctions de Chef du Service Immobilier. Il devient en janvier 1960 à Douala Directeur de l’Agence de cette institution financière qui deviendra plus tard le Crédit du Cameroun, puis Banque Camerounaise de Développement  (BCD). 

En Mai 1961, il est nommé Directeur de l’Office des Changes du Cameroun dont il élabora les textes fondamentaux. C’est à ce titre qu’à l’avènement de la  réunification en Octobre 1961, il préconisa la création d’une monnaie nationale devant être garantie par la livre sterling d’une part, et par le franc Français d’autre part ; mais il ne fut pas suivi par les autorités camerounaises de l’heure.

Par ailleurs, Théodore Koule Njanga se heurta à une véritable hostilité des autorités camerounaises pour s’être désolidarisé d’une prise de position initiée par certains anciens étudiants qui voulaient faire carrière dans la politique « néocoloniale » du président Ahmadou Ahidjo. Ce document était intitulé ainsi : « Les intellectuels camerounais prennent position ».

 Ces deux événements lui valut sa disgrâce à l’Office de change jusqu’au moment où il fut appelé à l’Organisation camerounaise de la banane (OCB) en Aout 1967.

 Le 1er Juillet 1975, il est nommé PDG de la Compagnie nationale CAMEROON AIRLINES et contribua activement à l’achat des premiers Boeing, dont le 747 Combi. Il cessera ses fonctions au sein de la Compagnie le 12 NOVEMBRE 1979 ;

Une Vie de Discrétion et de Modestie

De son vivant, Théodore Koule Njanga reçu les distinctions Honorifiques suivantes: Mérites Camerounaise de 3ème Classe (1961) ; Chevalier de l’Ordre de la Valeur (1976). 

Pendant son séjour en France, il n’a été militant ni d’un parti politique, ni d’un mouvement syndical. Mais de 1951 jusqu’à son départ de France ; il a été l’un des principaux dirigeants de l’Association des Etudiants Camerounais en France dont il a été le président en 1953/1954. 

Mais avant tout, il fait partie de la première promotion des étudiants et élèves camerounais bénéficiaires de bourses d’études en France attribuées par la commission des bourses de l’Assemblée représentative du Cameroun (ARCAM) en 1946.            

En juillet 1955, Théodore Koule Njanga se joignit à Nguenga Kouotou jean et Nkwengue Pierre pour la constitution d’un comité chargé de rédiger des documents destinés à informer le monde entier sur le massacre que les autorités françaises venaient de perpétrer au Cameroun pour le déclenchement de la lutte pour la réunification et l’indépendance du Cameroun. 

Au point de vue politique, Maître Koule Njanga Théodore fut parmi les signataires de la première pétition sur la Réunification et l’indépendance du Cameroun et portée en mains propres aux Nations Unies qui siégeaient alors au Palais de Chaillot, Place Trocadéro à Paris. 

Les autorités françaises  de l’époque en furent tellement courroucées qu’elles convoquèrent les étudiants signataires de cette pétition au ministère français de l’Intérieur, afin de les entendre sur cette attitude scandaleuse jugée anti-française. Les étudiants furent accompagnés par les étudiantes camerounaises habillées en Kaba Ngondo, tenue traditionnelle. 

Théodore Koule Njanga fut parmi les étudiants camerounais appelés par le président Paul Soppo Priso en sa résidence parisienne de Neuilly pour avoir leurs opinions sur le futur statut du Cameroun proposé par Pierre Henri Tetgen alors ministre de la France d’Outre-mer. Ce statut était similaire à celui que la France venait d’octroyer au Togo, accordant à ce territoire une autonomie interne en 1954.

 Ce statut devait donc introduire au Cameroun un régime d’autonomie interne. Ce statut prétendait combler le vide politique créé au Cameroun par la dissolution de l’UPC et de ses organes annexes que sont la JDC et l’UDEFEC intervenue le 13 juillet 1955.

 Malheureusement pour Pierre Henri Tetgen, ce statut fut unanimement rejeté par le président Paul Soppo Priso et les étudiants.

 Précisons que Pierre Henri Tetgen contacta le président Paul Soppo Priso parce que ce dernier venait d’éliminer à la présidence de l’Assemblée territoriale du Cameroun le tout puissant Louis Paul Aujoulat qui cumulait le mandat de député du Cameroun à l’Assemblée nationale française et le poste de Secrétaire d’Etat de la France d’Outre-mer à la rue Monsieur à Paris.

Apres son retour au Cameroun, Théodore Koule Njanga a été Secrétaire Général du CORECA (Comité pour la Réunification du Cameroun). Dans la discrétion, il aura donc été l’un des acteurs de premier plan de la réunification de Cameroun.

 Théodore Koule Njanga fut aussi militant de l’U.C. ; de l’U.N.C. puis du RDPC.

 Par ailleurs, pendant 11ans (1961-1972) il a été Vice-président de la FECAFOOT.

 Patriote courageux, Théodore Koule Njanga a longuement servi le Cameroun dont il fut un des  valeureux fils.

Commis et grand serviteur de l’Etat, ce modéré exécrait les imprudences et les paroles non tenues. Toutes ces qualités éclatantes mais discrètes furent également mises au service de la franc-maçonnerie camerounaise dont il fut avec le Très Illustre Frère Henri Ned Collins les premiers nationaux  reçus de la Loge La Lumière du Cameroun respectivement le 03 Juillet 1960 et le 05 Février 1961.

Notre Très Illustre Frère Théodore Koule Njanga  a dirigé les Grand Orient et Loges Unis du Cameroun (GOLUC) de ** à***. 

Puisse son passé de modestie et de discrétion nous éclairer  pour scruter l’obscurité de l’avenir, son exemplarité et son courage nous encourager à développer la Grande Loge Unie du Cameroun (GLUC) et à faire rayonner l’idéal de la Franc-maçonnerie dans notre pays et au-delà.